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[Interview] Santiago : "Je rentre facilement en transe"

A l'origine projet solo, l'univers rock psychédélique de Santiago a plu à Hugo Bracchi, Félix Bourgeois et Thomas Subiranin qui l’ont rejoint. Aujourd’hui, Santiago ne fait plus cavalier seul. A l’occasion de leur participation au dispositif Starter 2017, nous les avons rencontrés et leur avons posé quelques questions. 

[Interview] Santiago : "Je rentre facilement en transe"

Combo95 : Si l’on revenait un peu à la genèse de Santiago et du projet ? 

Santiago : Avant, j’avais un groupe de garage rock en anglais. On avait enregistré un album avec Yarol Poupaud et pas mal joué dans les salles parisiennes. Au bout de 10 ans, ce duo a cessé d’exister. J’ai donc commencé à écrire des chansons seul. Je faisais aussi pas mal d’expérimentations avec des instruments comme le balalaïka, un instrument Russe, que j’avais amplifié. On peut dire que c’était de la musique de chambre, j’étais dans un petit appartement parisien et j’enregistrais sur mon ordinateur. J’ai rapidement eu plusieurs compositions, j’en ai sélectionné 5 pour les enregistrer. C’est comme ça qu’est né le premier EP. L’enregistrement se passait à Midilive, il a pris pas mal de temps car c’était assez compliqué de traduire l’ambiance « musique de chambre » dans un gros studio. Le mixage s’est passé avec Hugo Bracchi, qui est aujourd’hui mon bassiste. On s’est tout de suite bien entendu, on avait une réelle complicité musicale alors a germé l’idée de faire un groupe. Il a ramené Félix Bourgeois, le batteur et moi Thomas Subiranin, le guitariste. J’étais fan de la musique de Thomas, il sortait aussi des petits morceaux composés dans sa chambre. Cela fait maintenant 1 an et demi qu'on joue ensemble ! Les morceaux du projet que j’avais en solo ont été remixés et réarrangés. A côté, on a commencé à créer tous ensemble. C’est une sorte de transition. Même si cela porte le nom de mon projet solo, j’espère vraiment que cela devienne un groupe.

Combo95 : Cela fait un peu plus d’un an que l’EP « Aurore » est sorti. Après avoir passé une majeure partie de l’été en résidence avec tes musiciens pour enregistrer, le second EP sort en 2017. Tu peux nous le présenter un petit peu ? Diffère-t-il du premier dans le sens où vous êtes maintenant 4?

Santiago : On l’a enregistré à la plage, du coup ce n’est pas du tout la même ambiance qu’un appartement parisien ! Dans le premier EP, il n’y a pas du tout de batterie, j’avais utilisé quelques éléments percussifs, mais la base était uniquement sur de l’instrument à corde le texte et la voix. Alors que pour cet EP, on a vraiment fait un travail de son. On a bénéficié d’une résidence dans le sud de la France en plus du studio midilive. On voulait savoir ce que nous étions capables de produire tous les quatre. Les chansons sont composées et travaillées de façon très différente, sur un système de cassure. L’EP suit une ligne conductrice, même si se sont toutes des chansons à tiroir. Dans une chanson tu as trois ou quatre histoires. On retrouve une vraie cohérence de son, ce qu’il n’y avait pas dans le premier.

Combo95 : Vous portez un attachement particulier aux émotions, à la musique transe dont vous vous inspirez beaucoup. A quoi cela est-il dû ?

Santiago : Depuis que j’ai 13 ans je fais de la musique. La première fois que j’ai joué, c’est ce que j’ai ressenti. Je crois que je rentre facilement en transe. (Rires). A force de jouer, j’ai compris que c’était cette sensation que j’aimais dans la musique, un dépassement total. Il y a une notion de danger aussi. Dans la musique aujourd’hui, il y a moins cet aspect de danger, tu as ton album qui est bien mixé, les positions scéniques sont bien travaillées. J’aime vraiment cette idée d’imprévu. Je n’aime pas monter ce que l’on me demande de montrer.

Après, j’ai travaillé cet aspect transe quand j’étais aux Beaux-Arts de Cergy. Mes professeurs m’ont orienté vers la musique contemporaine. Je m’y suis beaucoup intéressé. J’allais souvent à la médiathèque, où je me suis fait une collection de rythmes de transe de tous les pays : Madagascar, Sahel, etc. J’ai samplé tous ceux qui m’intéressaient le plus. J’ai découvert les griots africains, de longs récits sur un fond musical, parfois rythmés uniquement d’un tambour qui fait rentrer totalement en transe. Je trouve qu’il y a une ambiance très moyenâgeuse dans cette transe-là.

Combo95 : Outre Starter, cette année semble particulièrement importante pour le groupe, le groupe est en pré sélection du mégaphone tour, fait partie du dispositif d’accompagnement Grand Zebrock d’Ile De France, les Nuits Désinvolt. Aurais-tu une explication à cette soudaine éclosion ?

Santiago : Je dirais que c’est la suite logique du travail que l’on a pu fournir. En tout cas, je suis vraiment content et c’est de bon augure. Cela fait maintenant 1 an et demi que l’on travaille à solidifier le projet. C’est donc la parfaite opportunité.

Combo95 : Avec ces divers accompagnements, tu as l’opportunité de faire beaucoup de résidences, que cherchez-vous à travailler ? 

Santiago : On a déjà eu l’occasion de faire pas mal de résidences où on a pas mal travaillé les aspects scéniques. Je voulais mettre en place plus qu’on concert, mais un véritable spectacle. J’avais vraiment besoin de conseils pour trouver la forme scénique correspondant aux morceaux avec des costumes par exemple.  

Propos recueillis par Maëlyss

07/04/2017

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